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Calins dans le noir

Calins dans le noir
Dixsept heures pile. David avait un rendez-vous, il était déjà très en retard. Un taxi l’attendait en bas mais, pour le moment, il faisait le pied de grue au 20e étage devant l’ascenseur qui n’arrivait pas. Il jeta un coup d’oeil à sa montre et tapa du pied partenaire “ding» fit l’ascenseur en ouvrant les portes. La petite flèche rouge indiquait qu’on descendait. David prit son porte-documents d’une main et serra tout contre lui le cahier qu’il tenait de l’autre main. Il pénétra dans l’ascenseur et tout le monde s’ajusta pour lui faire une place. David ne porta pas attention aux gens qui se rendaient, tout comme lui, au rez-de-chaussée.
L’ascenseur s’arrêta au 18e étage et deux femmes s’ajoutèrent au groupe déjà nombreux. David se tortilla un peu pour se créer un espace, cherchant à éviter de toucher les gens autour de lui.
Au cours des deux arrêts suivants, trois autres personnes se joignirent au groupe de gens maintenant tassés comme des sardines. Et soudain, entre le 7e et le 6e étages, l’ascenseur s’arrêta sans crier gare. Les occupants de l’ascenseur étaient plongés dans l’obscurité la plus complète, sans éclairage d’urgence. On entendit une voix dans le noir: “tout est arrêté.”
Formidable, songea David. Me voilà encore plus en retard. Il eut une lueur d’espoir en apercevant le voyant d’un téléphone cellulaire qu’on venait d’activer, mais ce fut de courte durée. “service interrompu” dit une voix étouffée.
“Appuyez sur le bouton d’urgence» suggéra quelqu’un. La sonnerie d’urgence se fit immédiatement entendre, suivie de celle du téléphone rouge. Quelqu’un prit le combiné et dit:
“Ah bon ! C’est vrai ? D’accord” avant de remettre le téléphone à sa place.
“Il semble que nous en ayons encore pour quelque temps. Tout le quartier est plongé dans le noir. Et peut-être même les quartiers voisins. À mon avis, nous ne sommes pas sortis de cette impasse.”
“Et puis zut.”
“Ah non, pas ça.”
“Il fait si noir. Il n’y a vraiment aucun éclairage d’urgence ?”
“Malheureusement non. Je crains que nous ne soyons obligés de rester dans le noir.”
David déposa son porte-document et serra son cahier tout contre lui. Soudain, il sentit une main le prendre par-derrière. Des doigts fureteurs se promenaient sur ses fesses. Il tenta de faire un pas de côté, mais il était pris en étau contre tous ces corps, dans l’obscurité de l’ascenseur. Une douce voix lui chuchota à l’oreille: “ne dis rien. Laisse-toi aller.” des lèvres se pressaient contre son cou, une langue traçait doucement un sillon en partant de la racine de ses cheveux pour descendre jusqu’à l’encolure de sa chemise.
Il savait bien qu’il devait dire ou faire quelque chose, mais il n’en fit rien. Des dents mordillaient sa nuque et des mains couraient tout au long de son dos. Que faire?
Il ferma les yeux, laissant sa tête basculer vers l’arrière, résolu à ne rien faire. Comme l’avait si bien dit la voix, il se laissa aller au plaisir de sentir ces mains lui entourer doucement la taille.

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